PARTIE 2
Voyant que la situation était sans espoir, Vassula avait dit au père James de donner les conférences à sa place jusqu'à ce qu'elle arrive. Alors, le père James et Sr Johanna sont partis pour le couvent. Vassula et ses compagnons ont dû passer la nuit à l'aéroport, après avoir décidé d'aller à Colombo, au Sri Lanka, pour y demander un visa pour l'Inde. (Le Sri Lanka, comme la plupart des autres pays, autorise les Européens à obtenir leur visa à l'aéroport.) Tout cela était imprévu et très décourageant, bien que nous sachions qu'il ne s'agissait pas seulement de malchance; comme Jésus l'a dit, le mot «chance» n'existe pas dans Son vocabulaire. Autrement dit, tout cela était pour la plus grande gloire de Dieu. (Cf. Jn 11 15 sur la mort de Lazare. Les apôtres croyaient que Jésus avait fait une erreur en tardant trop longtemps à sauver Lazare, mais, en fait, Dieu avait un autre plan.) Naturellement, nous savons que Dieu sait comment tirer du bien à partir du mal. Néanmoins, nous voyions dans tout cela la main de Satan qui pensait avoir joué une carte gagnante. Mais sa victoire allait être de courte durée. Comme Maman Marie l'avait dit un jour à Vassula: «Jésus ne te demandera jamais, jamais, quelque chose qui pourrait te faire du mal.» (29 janvier 1988). Nous avions un autre sujet de consolation: Dieu avait donné à Vassula des compagnons pour la consoler durant ce Gethsémani: «Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi.» (Mt 26 38).Lorsque Soeur Johanna s'est rendue compte de la situation, elle a pris les choses en mains; le père James et elle ont réglé certains problèmes d'ordre pratique pour faire face à la nouvelle situation. Vassula fait preuve d'une extraordinaire prévoyance dans sa mission et déjà, au Bangladesh, elle avait demandé au père James de photocopier son itinéraire avec des noms et des adresses importants. Cela a été précieux pour faire les contacts nécessaires afin de poursuivre la mission. Une des grande grâces de ce voyage a été que Soeur Johanna a réussi à faire publier la conférence de Vassula au Conseil oecuménique des Églises dans le plus important hebdomadaire catholique en Inde et dans le reste du sous-continent. Le prestigieux Bombay Examiner avait choisi la conférence de Vassula comme article principal pour la semaine de l'unité des chrétiens, accompagné d'une article qui disait clairement que les écrits de Vassula sont en complet accord avec les Saintes Écritures. Cet article devait se révéler d'une valeur inestimable pour faire connaître Vassula dans cette partie du monde et continuera à être une grâce précieuse. Le fait que cela ait été publié est sans doute un des miracles de Dieu, car les écrits de Vassula ne sont pas encore très connus en Inde.
Le lendemain, 16 janvier, le père James est arrivé à l'aéroport de Cochin, au Kerala, où Vassula devait prononcer sa première conférence, mais personne n'était venu à sa rencontre. Encore une fois, il y avait eu malentendu. De fait, tout notre séjour en Inde semblait gâché par les flèches de Satan. Lorsque nous voyagions en voiture, très souvent les yeux malveillants de la publicité d'Onida nous regardait de haut. (Onida utilise une face de diable comme logo publicitaire.) Il n'est pas étonnant que dans une citadelle de monstres mythologiques et de figures fantastiques, le Christ crucifié et ses émissaires ne soient pas les bienvenus. Ce dernier malentendu nous rappelle les mots du saint patron de père James: «Tenez pour une joie suprême, mes frères, d'être en butte à toutes sortes d'épreuves. Vous le savez: bien éprouvée, votre foi produit la constance.» (Jc 1 2-3).
Le Kerala est une région où l'on trouve un grand nombre de prêtres et de religieuses, aussi, le père James a pu trouver quelqu'un, à l'aéroport, qui a rapidement vu à ce qu'un taxi le conduise à Palai où demeuraient les organisateurs. Après deux heures de route sur des chemins tortueux, le père James a pu rencontrer le père Kurian Mattom, directeur du collège Saint-Thomas; on a fait les arrangements pour réaliser le programme. Le père Kurian Mattom était responsable du programme général, mais la responsabilité de s'occuper des questions pratiques de nourriture, de logement et de transport avait été confiée à M. John Thomas Kottukappally et à son épouse Leelu.
Bien que le père James n'ait jamais pensé qu'il aurait à donner les conférences, la Providence n'avait pas manqué de lui donner tout le matériel nécessaire pour présenter fidèlement La vraie vie en Dieu. De fait, Soeur Johanna lui avait remis le texte d'une conférence de Vassula en 1992, ainsi que le livret sur la spiritualité trinitaire dans La vraie vie en Dieu. Ceci, ainsi que ses propres souvenirs des réunions passées de Vassula et la grâce inaltérable de Dieu lui ont fourni assez de matière pour les conférences au programme. Comme Jésus l'avait dit à Vassula (et par conséquent à nous tous) «Je vois très bien ce que sont ta capacité et ton intelligence; Je sais que J'ai avec moi un rien ... Je choisirai un rien, bien sûr, pour envoyer sur la terre Mes Paroles et Mes désirs, sans avoir aucun déni» (29 mai 1987).
Le diocèse de Palai, où devait avoir lieu la première conférence, pourrait donner l'impression d'être un des plus endroits les plus chrétiens de la planète. Les églises sont nombreuses, et l'on voit souvent, le long du trajet, des sanctuaires en forme de tours. Le rez-de-chaussée de la tour peut être réservé à une statue de saint Joseph, l'étage suivant à Notre Mère Marie et le dernier à une statue du Sacré-Coeur. Les statues sont d'ordinaire grandeur nature ou plus grandes. Elles sont donc un signe impressionnant de foi dans un pays qui n'est pas excessivement riche.
Lorsque Vassula parle de la Seconde Pentecôte, pour laquelle Jean XXIII a prié au moment du concile Vatican II, elle fait souvent remarquer que cette grâce n'arrive pas du jour au lendemain. Elle a déjà commencé et elle croît en intensité. Vassula la compare à une marée qui continue de monter jusqu'à ce qu'elle recouvre tout entièrement. C'est ce qui semble se produire au Kerala, où les chrétiens comptent pour environ le quart de la population de l'état. La plupart des chrétiens sont ou bien orthodoxes syriens ou bien catholiques de rite syriaque ou latin. Les syriens font remonter leur conversion à l'apôtre saint Thomas. Il y a d'abondants vestiges de sa présence dans le sud de l'Inde. L'appel du Sacré-Coeur à l'unité est des plus actuels dans cette contrée si divisée sur le plan religieux. L'Esprit Saint d'unité se manifeste par un mouvement charismatique dynamique qui attire des gens de toutes religions, y compris des musulmans et des hindous. Ces réunions sont à la fois priantes et enthousiastes et plusieurs guérisons sont rapportées, ce qui motive les gens à parcourir de longues distances pour y participer. Ces sortes de réunions réunissent parfois des milliers de personnes, et ce sont des réunions de ce genre qui avaient été prévues pour Vassula, au Kerala.
Le 17 janvier, le père Mattom et le père James sont arrivés au centre Charis Bhawan. Près de 5 000 personnes y étaient réunies. Les organisateurs en attendaient davantage, mais le bruit s'était répandu que Vassula n'allait pas venir. C'était dommage pour nous que Vassula ne puisse pas être là pour parler à la foule et inaugurer officiellement la vente du deuxième volume de La vraie vie en Dieu en malayalam, la langue locale. La première édition de 2 000 exemplaires du volume 1 a été entièrement épuisée en deux semaines, à la fin de novembre et au début de décembre. Cette diffusion rapide est vraiment un signe du triomphe des Deux Coeurs. Comme un très haut pourcentage du clergé missionnaire en Inde vient du Kerala, à partir de ce Centre, le message se répandra jusqu'aux jungles les plus reculées et jusque dans les villes surpeuplées de cette nation de plus de 800 millions d'âmes. La plupart n'ont pas encore entendu l'Évangile. Une demi-douzaine de prêtres et des dizaines de religieuses étaient présents lorsque le deuxième volume a été inauguré solennellement et présenté au père Devasia Kuzhippil, directeur du centre Charis Bhawan. La première édition indienne de La vraie vie en Dieu (imprimée en anglais) a aussi été montrée à l'auditoire et mise en vente au Centre.
Le père Fannan a commencé sa conférence en disant qu'il était là comme un «écho» de Vassula qui, à son tour, est un «écho» de Jésus; ainsi, les conférences étaient «l'écho d'un écho». De fait, au cours d'une conversation téléphonique, Vassula a expliqué qu'elle se rendait compte maintenant que toute cette histoire de visa ouvrait une porte de plus. La vraie vie en Dieu est maintenant parvenue à un stade où d'autres iront, comme Vassula, partager ce message. Vassula a mentionné que ces conférences ne doivent pas être comme des homélies ordinaires que n'importe qui pourrait donner, mais qu'elles doivent coller aux messages. Une heure suffit pour donner le message qui doit être présenté d'une manière vivante. Autrement dit, le messager doit faire de son mieux pour présenter le message au nom de Dieu. De fait, dans ses conférences, le père James a simplement présenté des textes que Vassula a donnés dans le passé, spécialement l'entretien qu'elle a donné en 1992 au Conseil oecuménique des Églises. Il a aussi utilisé la présentation qui se trouve dans la brochure sur la spiritualité trinitaire de La vraie vie en Dieu. L'auditoire a été ému par les messages, et le père Mattom a donné une traduction vivante et pleine d'esprit qui semblait étonnamment facile et coulante.
Le même soir, le père Mattom a conduit le père James chez l'évêque de Palai, Mgr Joseph Pallickaparampil, qui les a reçus très cordialement. Une personne anonyme de Vienne avait contacté l'évêque au sujet de la notification de 1995. Le père James l'a mis au courant des dernières informations reçues des évêques brésiliens qui avaient parlé de Vassula au cardinal Ratzinger en octobre 1997. Le cardinal avait alors confirmé sa déclaration antérieure du 10 mai 1996: «vous pouvez continuer à promouvoir ses écrits.» Plus tard, nous avons obtenu ces paroles du cardinal à partir d'internet, pour les remettre à l'évêque.
Le dimanche 18 janvier (qui est l'anniversaire de naissance de Vassula et le premier jour de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens), une réunion a eu lieu l'après-midi au St. Thomas High School. Des haut-parleurs avaient été installés à l'extérieur de la grande salle et dans les pièces voisines. Les organisateurs ont estimé la foule à 10 000, et 500 volumes ont été vendus sur place. Dans un pays comme l'Inde, où les salaires sont bas, acheter des livres est un grand sacrifice, mais plus tard, au cours de sa visite, Vassula a fait remarquer que, dans ses conférences, elle ne peut donner qu'une goutte de l'océan contenu dans ces douze années de messages. Comme elle l'a expliqué, si quelqu'un croit réellement que ces paroles viennent de Dieu, comment peut-il les ignorer? Comment ignorer cette lettre d'amour de Dieu? «Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu.» (Ps 42 1).
On a pu réunir de vastes foules dans ces endroits, parce que les gens s'entassaient les uns sur les autres, assis sur le sol, sans avoir vraiment de place pour marcher. Une grande image du Sacré-Coeur dominait l'estrade, et le père James a particulièrement souligné la manière dont les révélations à sainte Gertrude, puis plus tard à sainte Marguerite-Marie Alacoque, ont conduit à ces dernières révélations du Coeur aimant du Christ. Utilisant les mots et les phrases qu'il avait entendus de la bouche de Vassula à de nombreuses occasions, le père James a su garder vivants l'intérêt et l'enthousiasme de l'auditoire. Ce soir-là, le père James et son hôte sont allés en pèlerinage au tombeau de Soeur Alphonsa, une religieuse du Kerala béatifiée par le pape Jean-Paul II, et lui ont demandé de bénir cette mission de La vraie vie en Dieu.
Le lundi 19 janvier, le père Kurian Mattom et le père James se sont rendus au centre de retraites de la Indian Missionary Society à Punnapra, Alleppey. Une foule d'environ 15 000 s'y était réunie. Chaque lundi, un groupe important et enthousiaste se réunit pour entendre la parole de Dieu. Le père James a raconté comment, au début, il avait rejeté l'idée que ces écrits venaient réellement de Dieu; après, Vassula avait demandé à Jésus de le convaincre comme preuve que ces écrits sont réellement de Dieu. Jésus l'a gravement assurée qu'il le «ferait plier», et c'est pourquoi il se trouvait là pour parler des messages.
Lors de cette réunion, le père James a été étonné de découvrir que le troisième volume était prêt, et les organisateurs lui ont demandé de le présenter officiellement au père Prasanth, directeur du centre I.M.S. À la fin de sa conférence, le père James a béni les gens avec une croix de Jérusalem que Vassula lui avait remise plus tôt. La prière de conclusion était la prière pour obtenir le don de piété donnée par Jésus à Vassula: «Saint Esprit... accorde-moi de pouvoir, moi aussi, croître en amour pour connaître Dieu et obtenir Son Royaume..» La journée avait été longue, à cause des distances à parcourir. Nous avons quitté Palai à 9 h et nous sommes rentrés seulement vers 16 h 30. Les chemins en lacets rendaient le trajet dangereux et nous avons eu plus de risques de collisions frontales au cours de ces deux heures de route que la plupart des gens durant toute leur vie. Une raison de plus de remercier Dieu! Bien que janvier soit l'époque la plus fraîche de l'année, la température grimpe chaque jour aux environs de 32C (90F). On ne peut qu'admirer les gens qui viennent de loin passer des heures et des heures à prier dans ces centres. Les personnes qui formaient cet auditoire, en particulier, avaient toutes jeûné. Le soir nous avons reçu l'heureuse nouvelle que Vassula et ses compagnons étaient arrivés à Madras et qu'ils nous rejoindraient le 20 janvier.
Vassula et ses compagnons, Erwin Schlacher et Giorgia Braun sont arrivés après leur «chemin de la croix» via Madras. Après un trajet deux heures sur une route sinueuse et avoir déjeuné, nous nous sommes rendus à l'auditorium du collège Sainte-Alphonsa. Lorsque la nouvelle s'est répandue que Vassula était finalement arrivée, des gens de toute la région ont convergé vers le site et l'auditorium était plein à capacité. Il y avait du monde sur la véranda et autour de la salle. Des dizaines de religieuses étaient présentes et plusieurs prêtres avaient pris place dans les premières rangées. Une chorale avait préparé des chants en anglais et dans la langue locale. Soeur Jessy Maria, directrice du collège, a dit le discours de bienvenue. L'auditoire a écouté Vassula avec une profonde attention.
Au cours de sa conférence, Vassula a abordé un sujet qui n'est pas habituellement mentionné. Elle a parlé du besoin de réconciliation et de paix entre les groupes de prière. Cela a provoqué quelques commentaires, et les personnes de la région ont admis que c'était, de fait, un thème approprié. Vassula a aussi traité d'un autre sujet qu'elle mentionne souvent dans ses conférences: le besoin de générosité. Elle a donné des exemples à partir de sa propre expérience, quand elle avait donné des choses qui lui étaient chères, et a montré combien rapidement Dieu l'avait récompensée de sa générosité. De fait, la mission de Vassula exige un grand esprit de sacrifice. La question que Jésus lui a posée, il y a longtemps, «veux-tu Me servir?» est une réalité quotidienne car, maintenant, sa vie entière est dévorée par cette mission. Bien que Dieu n'intervient jamais dans sa vie familiale, le reste de son temps et de son énergie est pris par ce travail. Et comme elle le dit: «Dieu avance à vive allure.»
C'est aussi une mission difficile. Ce voyage, entre autres, a exigé de nombreuses heures de trajet, et les jours qui ont précédé son arrivée au Kerala ont été particulièrement difficiles, alors qu'elle essayait de régler la question du visa et de trouver le moyen le meilleur et le plus rapide de se rendre à cette réunion afin de ne perdre aucune occasion de proclamer le message d'amour de Dieu. Peu de personnes peuvent savoir ce que c'est que de passer tant de jours dans l'année sans avoir le temps de défaire ses bagages. Nous désirons tous contrôler notre environnement, notre nourriture, nos horaires, etc. À bien des égards, Vassula vit la vie difficile des premiers apôtres, qui devaient accepter ce qui leur était offert et ce qui était possible selon les circonstances. Empruntant les mots de saint Paul, elle doit se faire, à bien des égards, «toute à tous». Cette conférence, par exemple, a eu lieu après un voyage difficile et pourtant, tout de suite après déjeuner, elle a dû se rendre à l'endroit prévu. Comme Jésus le lui avait dit autrefois: «tu Me ressembleras; sois une victime d'Amour.» (5 octobre 1987)